Ma lutte contre l’obsolescence programmée

de | 23 avril 2011

Une décharge de déchets électroniques au Ghana

L’obsolescence programmée : une expression remise au goût du jour par un documentaire diffusé sur Arte récemment. Le principe : les constructeurs font en sorte de nous vendre des produits qui seront rapidement obsolètes, ou pire, qui sont programmés pour tomber en panne rapidement. Afin que l’on vienne sagement et régulièrement racheter un nouveau modèle.

Il y a quelques années, on m’a offert un écran plat Samsung. Joli cadeau, mais pas très écolo en soi. Mais c’est tellement agréable d’avoir un grand écran, qui prend peu de place… La dualité de la conscience écolo ; ne pas renoncer à trop de confort, en essayant de minimiser son impact sur l’environnement. Le fait qu’il s’agisse d’un cadeau rend toutefois les choses plus faciles en terme de conscience.

Il y a quelques semaines, ce téléviseur, après 4 ans de bons et loyaux services, à  décidé de ne plus s’allumer.  La période de garantie étant dépassée, je sais que je vais devoir payer les réparations.

Je regarde d’abord sur internet, où je trouve un excellent billet d’une personne ayant démonté son téléviseur et identifié une panne sur un des composant, qui n’a coûté que quelques euros à changer.

N’écoutant que mon courage et faisant fi de mes lacunes en électronique, je décide de démonter mon téléviseur pour tenter d’identifier la panne, en espérant que celle-ci me sautera aux yeux (un composant grillé, ça se voit…). Mais rien. Impossible de voir d’où vient le problème.

J’appelle donc le service client d’une grande enseigne célèbre pour son « contrat de confiance ». Le technicien, rapidement, décèle l’origine de la panne, et me dit, après communication avec son entreprise puis avec le siège de la marque du téléviseur, que la pièce n’est plus disponible.

Et que « ce serait moins cher d’acheter un nouveau téléviseur que de faire préparer celui-là ». Un discours malheureusement récurrent, qui doit venir souvent à bout des meilleures volontés.

C’est sans compter mes convictions écologiques, et ma ténacité, renforcée après avoir vu nombre de documents, articles et reportages sur les volumes de déchets électroniques générés quotidiennement par notre société. Je ne participerai pas à ce grand gaspillage. Du moins, je tenterai de limiter ma contribution.


Devenir de nos déchets électroniques au Ghana par Neovegeta

Après quelques recherches sur internet, il s’est avéré que la pièce indisponible (la « platine d’alimentation ») pouvait être substituée par un autre modèle de pièce. Que je me suis empressé de chercher, et de commander sur un site irlandais.

Quelques jours plus tard, après quelques coups de tournevis, voici le téléviseur comme neuf, pour 120€ (+les 64 € de l’intervention « contrat de confiance »). Alors qu’on m’avait servit le discours habituel du « pour le prix de la réparation, vous aurez une télévision neuve et plus moderne ».

Plus qu’une économie, c’est une petite fierté, un acte de résistance à l’obsolescence programmée.

Vous avez un appareil qui ne fonctionne plus? Avant de le remplacer, regardez sur internet, les forums, les blogs. Prenez conseil. Ne lâchez rien.

Et si votre appareil est cassé, veillez à le rendre au revendeur. Ou à la faire recycler (de nombreuses solutions de recyclage se développent, notamment sur le marché du téléphone portable, ou de l’ordinateur, même s’il est très ancien).

NB : Pour information, le téléviseur fonctionne toujours 6 ans après la rédaction de cet article (septembre 2017).

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6 réflexions au sujet de « Ma lutte contre l’obsolescence programmée »

  1. bettyboop

    Tout simplement effrayant!
    Merci pour cet article et vidéos, à faire circuler d’urgence!

  2. Clément

    BRAVO BRAVO BRAVO … !!! Ce discours et cette expérience me redonnent espoir. Bonne continuation, et bon « combat ».

  3. Femme Ménage

    Il existe une autre forme d’obsolescence programmée, celle orchestrée par les fabricants de téléphones portables qui cessent de corriger les bugs et mettre à jour le système du téléphone au bout d’un an (HTC par exemple).

    Il faut les comprendre, les mises à jour leur coûte cher et ralentit le cycle de rachat de gsm. Désormais, si vous souhaitez bénéficier des améliorations logicielles (logiciels devenu incompatibles, mise à jour de l’OS), vous devez changer de téléphone.

    Heureusement, le monde de l’open source prend le relais et prolonge la vie de votre téléphone. Cyanogenmod propose des ROM Android de qualité basé sur le code source de Google. Vous les installez à la place de la ROM originale (ça demande un peu de bidouillage) pour bénéficier des dernières améliorations d’Android: http://www.cyanogenmod.org

    Personnellement, j’estime que mon téléphone a gagné deux ans de vie grâce aux développeurs bénévoles. Mais, c’est dingue que ce soit des bénévoles qui fassent le travail des sociétés, non?

  4. Renanito Auteur de l’article

    Excellente remarque. Sachant que le forum xda developers, pour peu que vous parliez un peu anglais, vous permet de trouver des solutions aux éventuels problèmes liés à l’installation d’une ROM (l’équivalent d’un système d’exploitation). A titre personnel, j’ai un Samsung Galaxy S premier du nom (3 ans bientôt), qui tourne sur la dernière version d’android (4.2), sachant que Samsung a arrêté les mise sà jour après la 2.3 (arguant que le téléphone ne le supporterai pas en terme de performances).

    Mon téléphone est comme neuf, et je compte bien le garder encore longtemps !

  5. Delphine

    A Londres, il existe des soirées « restart » dans lesquelles les personnes invitées viennent avec des objets « cassés ». Les bénévoles organisateurs de ces soirées apprennent aux personnes comment réparer leur télé, portable, appareil électrique…
    Si quelqu’un a connaissance de ce genre d’initiative en France, je suis carrément intéressée… au moins pour en parler sur mon blog et diffuser l’information autour de moi.
    Delphine

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