Devenir écolo : des petits gestes, de grandes joies

Durée de lecture: 16 minutes
Source: flickr.com

Être écolo, oui, mais par où commencer? Vous trouverez ici quelques exemples de gestes écologiques classées par thèmes (eau, alimentation, transports, énergie,…) qui vous mèneront sur la voie salutaire de l’écologie. Il peut en coûter parfois quelques efforts, parfois non ; quoiqu’il en soit, les contraintes vont paraîtrons négligeables très rapidement.

En vous engageant dans une démarche de gestes écologiques, vous ressentirez la satisfaction et le bonheur d’être acteur d’un véritable changement de société, de simplifier votre vie, de vous reconnecter à votre environnement et aux autres, tout en faisant des économies. Être écolo, c’est d’abord un état d’esprit :

  1. Être conscient de l’impact environnemental de chacun de nos actes. Bien sûr, quand on parle d’un « acte »,  il s’agit bien sûr d’actes de consommation et de mode de vie. Chaque objet, si écolo et vertueux qu’il puisse paraître, a nécessité des ressources pour sa production, et deviendra déchet en fin de vie.
  2. Garder en tête la règle des « 4 R » : Réduire, Réutiliser, Réparer, Recycler. Réduire, c’est à dire « ne pas acheter si c’est superflu ». Réutiliser, pour conserver l’existant et prolonger sa durée de vie en réparant. Réparer, c’est rendre un objet défaillant à nouveau fonctionnel (c’est souvent beaucoup plus simple qu’on ne pense, et apporte une grande fierté). Recycler, c’est à dire donner une nouvelle vie à un objet quand c’est possible.
  3. Se souvenir que chaque achat est un « vote ». A vous de bien voter pour encourager certaines démarches ou en sanctionner d’autres. Libre à vous aussi de ne pas donner votre vote, en évitant tout ce qui superflu.

Voyons concrètement les actions à mettre en place pour devenir écolo au quotidien, sans pour autant retourner vivre à l’âge de pierre. Car être écolo, c’est redécouvrir avant tout que la vie est un plaisir !

L’eau

On commence par l’eau, car vous le savez, sans eau, pas de vie. Il s’agit clairement de notre bien le plus précieux, même si on a tendance, par son accès facile et son apparente abondance, à l’oublier. Et l’eau peut aussi rapidement devenir une ressource rare, même dans des contrées où elle semble abondante. Outre sa rareté, sa collecte,son retraitement et son transport jusqu’à nos robinets nécessitent d’importantes ressources, d’où le besoin de l’économiser.

La consommation d’eau directe

Source: Ume-y, Flickr.com

Ce n’est pas la plus grande partie de notre consommation, mais c’est la plus visible. La consommation moyenne directe d’eau est d’environ 148 litres par jour et par personne (2014). Elle est passée, en France, de 106 litres par jour et par habitant en 1975, à  un pic de 165 litres par jour et par habitant en 2004 (source). Ces chiffres comportent de forte disparités selon l’âge ou la catégorie socio-professionnelle. Plus le niveau de vie est élevé, la consommation d’eau l’est aussi (voir le site du Centre d’information sur l’eau).

Voici la répartition par poste de consommation de cette eau directe : l’hygiène (bain et douche) représente près de 40% de la consommation moyenne, la boisson 1%. Bravo à vous si vous ne prenez plus de bain (que vous remplacez bien évidemment par des douches, « écolo » n’est pas égal à « crado »). Outre le fait que vous économiserez de l’eau, c’est aussi une économie liée au chauffage de l’eau, qui représente 11% de la consommation moyenne d’énergie d’un foyer. On abordera ce point plus bas.

Répartition par usage
Source: Centre d’information sur l’eau

Pour réduire votre consommation d’eau, vous pouvez  installer des réducteurs de débits (ou « mousseurs ») sur vos robinets. L’installation est extrêmement aisée, et en quelques semaines vous aurez amorti votre investissement initial de quelques euros, sans même vous en rendre compte. On conseille une réduction de 30% dans la cuisine, et de 50% dans les salles d’eau et salles de bain. Vous pouvez aussi opter pour des pommeaux de douches à débit réduit.

La consommation d’eau indirecte

L’économie d’eau se trouve également dans la consommation d’eau nécessaire à la production de la nourriture ou des produits que l’on consomme. C’est de l’eau que nous prélevons, mais que nous ne voyons pas.

Crédit photo : Pimthida
« cow » (Flickr.com)

A retenir : la consommation d’eau « indirecte » est bien plus élevée que la consommation  d’eau « directe ».  Le secret de l’économie de l’eau est donc la sobriété alimentaire (moins de viande) et matérielle (non, » je ne craquerai pas sur cette n-ième paire de chaussures »).

Voici un petit résumé de consommation d’eau nécessaire* à la fabrication ou culture de quelques produits (source : waterfootprint.org ).

ProduitQuantitéEau nécessaire (en litres)
Paire de chaussures18000
Steak haché150g2400
T-shirt en coton12000
Verre de lait200ml200
Verre de jus de pomme200ml190
Paquet de chips200g185
Verre de jus d'orange200ml170
Tasse de café125ml140
Oeuf40g135
Verre de vin125ml120
Verre de bière250ml75
Pomme100g70
Orange100g50
Tranche de pain30g40
Tasse de thé250ml35
Puce électronique2g32
Pomme de terre100g25
Tomate70g13
Feuille de papier A41 (80g/m²)10

En partant du principe que l’on consomme, comme nous le recommande le lobby de la bouteille en plastique, 1,5 litre d’eau par jour, nos chaussures (en cuir) représentent 14 ans de notre consommation vitale. Un t-shirt ou un steak de 150 grammes, plus de 4 ans. Une simple feuille de papier, une semaine.

* Comme l’a précisé Marinette dans les commentaires ci-après, le tableau présenté montre la consommation d’eau « verte », c’est à dire en tenant compte de l’évaporation naturelle des sols. Il est à noter qu’il ne s’agit pas du calcul « net » d’évapotranspiration (que ce calcul n’est en fait pas la pure consommation d’eau destinée à la production).

Plus d’informations sur le calcul de l’empreinte en eau des cultures et animaux sur le site waterfootprint.org ( pdf en anglais, tableau page 25).

L’alimentation

Crédit photo: Dana McMahan « week 8 farm share » (Flickr.com)

La nourriture est une des plus grandes sources d’impact sur notre environnement, qu’il s’agisse de la destruction de la biodiversité ou du réchauffement climatique.

Quelques petites règles simples :

  • comme vu en début d’article, vous savez qu’il importe de réduire sa consommation de viande. Celle-ci, en plus d’un grand volume d’eau consommée, a de lourds impacts environnementaux (en France, 70% des surface cultivables sont dédiées à l’alimentation animale). La consommation de viande encourage la déforestation et l’agriculture intensive. Votre corps n’a pas besoin de deux rations de viande quotidienne ; vous pouvez baisser allègrement votre consommation sans problème pour votre santé. Plutôt que de consommer de la viande de mauvaise qualité tous les jours, consommez un peu de viande « bio ». Votre porte monnaie, vos papilles et votre santé s’y retrouveront par la même occasion. Et il existe de très nombreuses recettes végétariennes pour faire des repas équilibrés et sains.
  • éviter les fruits et légumes hors saison. Non, il n’est pas normal de consommer des fraises pour Noël, ne faîtes pas semblant de ne pas savoir. De nombreuses ressources sur le web vous permettent de consulter les fruits et légumes de saison. Un peu de bon sens et de lecture d’étiquettes au supermarché vous permettront de faire les bons choix. Ou mieux,  intégrez une AMAP. On en parle juste après.
  • acheter bio. Oui , bio, ça sonne bobo désormais. Mais ça n’en reste pas moins plus respectueux de l’environnement. Le label AB (« agriculture biologique) garantit 95% d’ingrédients « bio », c’est à dire produits selon un cahier des charges strict, et surtout sans pesticides chimiques. Ainsi, vous ne votez pas pour des produits destructeurs des équilibres naturels de la terre. Si vous n’êtes pas convaincu(e) de la nécessité de consommer bio, je vous invite à regarder la vidéo çi dessous, où on retrouve Claude Bourguignon, ingénieur agronome (fiche wikipedia), nous donner en 4 minutes un aperçu des effets de l’agriculture dite « conventionnelle ».
  • acheter local, et en circuit court. Là, une seule solution : les AMAP. Vous pourrez en trouver une près de chez vous sur le site de l’annuaire des AMAP.

Attention à certaines sociétés sur le web (par exemple une histoire d’abeilles qui acquiescent), à but (très) lucratif, qui vous vendent du « circuit court », en prélevant des commissions (qu’ils appellent « frais de services », donc « non, ça n’est pas une commission mon bon monsieur »), et souvent proposant un seul producteur qui produit fruits, légumes, viandes etc (autant dire qu’il s’agit là d’un intermédiaire et non d’un producteur). Bref, rendant les producteurs à nouveau dépendant d’un intermédiaire… L’inverse d’un « circuit court »en somme.

Les transports

velo cargo biporteur

Idéalement, et ce n’est pas un secret, il faut réduire la voiture au maximum. Selon le lieu d’habitation, cela peut être aisé ou extrêmement compliqué au quotidien. Mais c’est souvent plus bien facile qu’on ne le pense. A vous de faire ce qui vous semble juste et possible. En cas d’abandon de la voiture, vous verrez sans doute rapidement un impact positif sur vos finances (près de 500€ par mois en moyenne) .

Privilégiez les transports « doux » : les transports en commun, le covoiturage, le vélo ou encore… la marche à pieds. Vélo et marche à pieds vous apporteront très rapidement un bien être physique insoupçonné. Et puis, on peut également adopter le transport multimodal : une partie de son trajet en transports en commun puis en vélo, une partie en covoiturage puis transports en commun.

Comparaison espace differents transports
Illustration de l’espace occupé par 200 personnes : 1- en voiture, 2- sans voiture, 3-dans 3 bus, 4-en tramway, 5-en vélo. Source: International Sustainability Commuter Toolkit, images prises à Seattle

Voici la liste des alternatives possibles selon le besoin en transport :

  • Pour un Chez soi-travail: la marche, le vélo (voir l’excellent guide du Cycliste Urbain publié par l’Ademe), les transports en commun, ou le covoiturage (pour cela, il existe des application telles Karos, IdVroom, …). Si vous habitez à plusieurs dizaines de kilomètres de votre lieu de travail, le covoiturage reste une excellente solution. Et si ce n’est pas en tant que passager, inscrivez-vous en tant que conducteur sur les plateformes de covoiturage (Covoiturage Libre par exemple, ou la version commerciale, Blablacar) ; vous permettrez sans doute de limiter le nombre de voitures sur la route par votre action.
  • pour un Chez soi-Boulangerie, la marche à pied ou le vélo (dans la mesure du possible)
  • pour les petits trajet en famille (école, promenade), le vélo cargo (biporteur ou triporteur), le vélo avec remorque ou siège arrière, les transports en commun.
  • pour des trajets entre des villes éloignées, on privilégiera le train, le covoiturage ou encore le bus. Vous voulez parcourir l’Europe en illimité ? Découvrez tout de suite le pass Interrail.
  • pour un Paris -Seychelles, on pourra se poser la question de savoir si la Bretagne, c’est tout compte fait pas aussi (voire plus) beau… Vous le savez sans doute : prendre l’avion n’est pas écolo… D’ailleurs, le site de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) met un outil d’évaluation des émissions à disposition. Un Aller-Retour à New York depuis Paris, c’est une tonne de CO2 émise (995 kg selon la DGAC), soit 8 mois de ce qui devrait être émis au total (logement, alimentation, loisirs, transports…) par un individu pour rester dans le cadre des Accord de Paris (COP21). Est -il nécessaire de partir à l’autre bout du monde pour aller à l’aventure ? Le dépaysement se trouve parfois beaucoup plus près qu’on peut l’imaginer. Et comme pour l’alimentation, avec la viande : mieux vaut un beau voyage de temps en temps qu’une collection de voyages enchainés dont on ne se rappelle plus, tellement le dépaysement est devenu une routine. C’est la rareté qui crée la valeur. Si vous voulez partir loin, prenez le temps d’y aller, à vitesse humaine, afin d’apprécier les paysages et de s’imprégner de la culture locale. Vivez le Voyage avec un grand « V ».

    Presqu'ile de Crozon, Bretagne
    Presqu’île de Crozon, Bretagne. Photo par l’auteur du blog.

L’énergie

Le fournisseur d’éléctricité

Il est très simple de changer de fournisseur d’électricité. Pas besoin de l’intervention d’un technicien, tout peut se faire depuis chez vous, depuis votre écran, en quelques minutes : il suffit de souscrire chez un nouveau fournisseur, la résiliation de l’ancien se fera automatiquement.

Il existe de nombreuses offres labellisées « 100% renouvelable », mais l’énergie achetée provient souvent d’en dehors des frontières de la France. Ou sert les intérêts de quelques un. Pour une énergie locale et renouvelable, payée au juste prix au producteur, le fournisseur s’appelle Enercoop.

Précisons que ce billet n’est pas sponsorisé par Enercoop ; il s’agit uniquement, à la date de rédaction de cet article, de l’acteur du marché le plus en phase avec les principes de l’écologie.

Enercoop est un réseau de coopératives régionales -ce qui est déjà un excellent point en soi- qui ne fournit que de l’électricité d’origine renouvelable (hydraulique, éolien, photovoltaïque, biomasse). Avec ce fournisseur, vous savez précisément d’où vient votre énergie, et surtout à qui vous la payez.

En passant chez un fournisseur d’électricité 100% d’origine renouvelable et local, vous opérez un choix de consommation encourageant son développement. Et en plus, les tarifs sont sensiblement les mêmes (plus ou moins 10%) qu’avec l’opérateur historique EDF ou les autres acteurs du marché.

Carte des producteurs d’électricité d’Enercoop

Prêt ? Pour changer de fournisseur, c’est par ici.

Temps estimé pour désormais financer les énergies renouvelables au lieu du nucléaire : 8 minutes.

La consommation d’éléctricité

S’il est bon d’utiliser une électricité qui provient de sources renouvelables, c’est encore mieux de réduire ses besoins.

Le site web d’Enedis (anciennement « RTE » – Réseau de Transport d’Électricité) permet de situer sa consommation par rapport aux habitants de la même région. Pour créer votre compte, il vous suffit d’avoir accès au numéro de « Point De Livraison », figurant sur votre dernière facture d’électricité ou sur votre compteur.

Une forte marge de progression illustrée sur ce graphique.Le site propose également des conseils pour optimiser et réduire sa consommation d’énergie.

Les principaux postes de dépenses en énergie d’un foyer sont répartis comme suit (source: EDF). On abordera la question du chauffage dans le point suivant.

  • En ce qui concerne l’eau chaude, deux moyens simples de réduire sa consommation :
    • si vous disposez d’un ballon d’eau chaude, vérifiez qu’il soit bien sur la position « auto » sur votre compteur électrique
    • remplacez les bains par des douches, et les douches longues par des douches courtes. Vous pouvez aussi installer des réducteurs de débit. Il en existe pour la cuisine (débit réduit de 30%), pour la salle de bain (réduction de 50%), voire des pommeaux spécifiques pour les douches. Il vous en coutera quelques euros, amortis en quelques semaines.
  • Pour la cuisson, un réflexe simple à adopter : couvrir les casseroles. Vous pourrez ainsi réduire fortement la puissance nécessaire à l’obtention de la température de cuisson ou d’ébullition. De même, si vous devez investir dans des plaques de cuisson, n’hésitez pas et investissez dans des plaques à inductions, fortement moins énergivores que les autres types de plaques. Là aussi, le coût à l’achat est plus élevé, mais en quelques années vous aurez réalisé une économie substantielle.

Voici la répartition moyenne observée de l’énergie consommée par les appareils électriques, toujours selon la même source :

  • le réfrigérateur / congélateur représente plus du quart de la consommation des appareils électriques. Pour réduire cette consommation, on veillera à dégivrer régulièrement l’appareil pour optimiser son fonctionnement.
  • pour l’éclairage, on privilégiera des éclairage LED, plus durables et moins énergivores que les autres ampoules. Certes, c’est un peu plus cher à l’achat, mais vous y gagnerez sur le long terme.
  • pour le lave linge, privilégiez des températures de lavage basses (40 degrés suffisent)
  • le sèche linge. Vous n’en avez pas besoin; utilisez plutôt ce magnifique et révolutionnaire objet que l’on nomme « tancarville », ou plus basiquement « séchoir ». En effet, pourquoi payer pour un service que vous rend la nature gratuitement (certes, un peu plus lent, mais tellement plus économe et silencieux) ?

Le chauffage / la climatisation

Comme vu précédemment, le chauffage représente près des deux tiers de la consommation énergétique du logement. Là encore, pas de secret. Le chauffage et la climatisation sont extrêmement énergivores.

En hiver, le secret est de baisser son chauffage et de se couvrir un peu plus, plutôt que d’imaginer qu’il est normal de se promener en t-shirt chez soi alors que les températures sont négatives dehors. Baissez de quelques degrés le chauffage, notamment la nuit, et vous ferez des économies substantielles.

En été, pensez à fermer les volets en journée et fermer les fenêtres afin de conserver la fraicheur, et adopter les stratégies recommandées par le gouvernement.

L’idéal reste d’isoler au maximum son logement pour éviter de souffrir des aléas climatiques ; de nombreux dispositifs d’aide existent.

 

Les déchets

Là aussi, la première règle serait la réduction. Comment produire moins de déchets ? En achetant moins. Dès lors qu’on anticipe la fin de vie de chaque achat, on y réfléchi à deux fois avant d’acheter. Être écolo, c’est aussi faire des économies.

En ce qui concerne les achats indispensables (type alimentation si vous n’êtes pas -encore- autosuffisant avec votre potager), on réduit ses déchets :

  • en achetant moins d’emballages. Bye bye les mono-doses et sachets individuels…
  • en proscrivant le jetable. C’est jetable ? Ça n’a pas sa place dans mon sac (réutilisable) de courses.
  • de nombreux magasins bio proposent désormais de l’alimentation en vrac. Vous venez avec vos bocaux et vous les remplissez. Mission « 0 déchet » réussie dans ce cas.

Après la réduction, il nous reste quand même quelques déchets. Et oui, le « 0 déchet » n’est pas pour demain, alors occupons-nous de notre masse (réduite) d’ordures.

Crédit photo: Jean-Louis Zimmermann « poubelle recyclage », square Notre Dame (PARIS,FR75) (Flickr.com)

Ah, le tri… On ne sait jamais quoi mettre dans quelle poubelle. Les pots de yaourt, c’est recyclable ?  Et il faut les laver ?Et bien non, les pots de yaourt ne sont pas recyclables. Deux règles incontournables du serial trieur :

  • il faut trier tous les emballages et le papier (si ce dernier n’est pas souillé ou gras)
  • pour les emballages en plastique, seuls les bouteilles et flacons doivent être triés.  Pourquoi ? Parce que les petits emballages (tels que les pots de yaourt ou sacs plastiques ) ne sont pas « rentables en termes de recyclage » (espérons que cela change prochainement).
  • pensez bien évidemment à recycler le verre dans les poubelles vertes destinées à cet usage

Toutes les réponses aux questions que vous vous posez sur le tri des déchets figurent sur le site Consignes de Tri d’Eco-emballages.

Pour vos déchets électroniques, ne croyez pas forcément les professionnels qui vous disent que c’est moins cher d’acheter un nouvel appareil que de réparer l’existant… On abordera ce point un peu plus bas.

L’argent

La banque

Depuis février 2017, il est possible de changer très facilement de banque.

Et là, votre choix s’orientera vers des produits labellisés Finansol. Et oui, être écolo, c’est aussi être solidaire.

Comme pour l’énergie, le choix est plutôt limité. Mais néanmoins efficace. Il existe deux organismes qui se distinguent sur le plan de l’écologie: le Crédit Coopératif, et la NEF.

Le Crédit Coopératif est, comme son nom l’indique, une banque coopérative. Vous en apprendrez plus sur sa fiche Wikipedia et sur son site.

Quant à la NEF, il s’agit d’une coopérative de finance solidaire, agréée depuis 1988 pour collecter de l’épargne. La coopérative est en train d’évoluer pour proposer d’ici peu l’ensemble des services bancaires classiques (compte courant notamment). Plus d’info sur Wikipedia et sur le site de la NEF.

Les placements

Si vous avez de l’argent à placer, vous pouvez le placer dans des organismes qui adhérent au principes écologiques. Un des meilleurs placements possible est celui de l‘association Terre de Liens : vous investissez dans des terres visant à l’installation d’un agriculteur, qui s’engage à avoir des pratiques respectueuses de l’environnement. Et qui plus est, vous empêchez que d’autres personnes ayant des objectifs moins louables ne s’accaparent la terre.

La monnaie locale

Si vous êtes un ninja écolo, alors la monnaie locale est faite pour vous. L’idée est d’inciter et soutenir une consommation locale. Il en existe de nombreuses en France et dans le monde.

L’électronique

Le smartphone

L’idéal est de conserver le smartphone que vous avez le plus longtemps possible. En effet, la production d’un seul de ces appareils nécessite l’extraction de nombreuses ressources, dont des métaux rares. Cette extraction a un impact environnemental gigantesque.

Si vous devez changer de smartphone, optez pour le plus durable ; on proscrit donc les Iphones (qui ne sont plus mis à jour après un certain temps), et qui sont souvent très difficilement réparables (voir le classement élaboré par Ifixit).

Idéalement, on choisira un appareil tournant sous Android, avec une batterie amovible (une batterie est souvent le premier élément défaillant après 18 ou 24 mois). Pour les plus geeks, le fait qu’il soit sous Android permettra de réinstaller une version « pure » d’Android, et surtout actualisée (LineageOS par exemple), et ce même longtemps après que le constructeur n’assure plus officiellement de mises à jour.

Et surtout, on le choisira reconditionné (ce qui permet une belle économie au passage). Il existe un site qui répertorie les offres de différents reconditionneurs : BackMarket.

Si vous voulez un appareil neuf mais respectueux de ses approvisionnements et éthique, il faut se tourner vers Fairphone.

Plus d’infos sur les smartphones écolos ici.

Le PC

Là encore, il s’agit de conserver le plus longtemps possible son ancien appareil, pour éviter de créer du déchet électronique et ne pas stimuler une course à la production. A noter que la production d’un ordinateur émet en CO2 l’équivalent de 24 années de son utilisation. D’où l’importance de le faire durer.

Si vraiment votre machine rame, et que les dernières versions de Windows ne sont pas compatibles, n’hésitez pas à installer une distribution gratuite et Open Source Linux telle que Ubuntu.

Si votre appareil dispose de très peu de ressources (processeurs, faible quantité de mémoire vive,..) il existe de nombreuses distributions Linux adaptées telles Lubuntu.

Avant de racheter un ordinateur, essayez d’abord de ressusciter l’actuel.

Les pollutions diverses

Là, il y a  quelques règles élémentaires a appliquer pour limiter les pollutions diverses de l’environnement :

  • jetez vos piles et batteries usagées au bon endroit. La plupart des grandes surfaces mettent des conteneurs à disposition.
  • utilisez des savons à base de produits naturels (trouvables en grandes surfaces spécialisées bio). N’oubliez pas que l’eau qui disparait derrière la bonde de la douche finira dans la nature.
  • utilisez des lessives sans azurants optiques. En supermarché usuel, cela peut paraître mission impossible (des lessives avec azurants optiques obtiennent parfois même l’écolabel européen, alors que leur rejet est extrêmement nocif pour l’environnement). On vous conseille de les acheter en ligne ou dans des grandes surfaces spécialisées (Biocoop, La Vie Claire, Naturalia, ou tout magasin bio indépendant)
  • ne débouchez pas vos canalisations avec des produits ayant ce type de logo… Résultat de recherche d'images pour "destop signaletique environnement"Le plus écolo, en plus d’être le plus efficace pour déboucher des canalisations, reste ceci :ventouse

 

Les achats de manière générale

Il va désormais falloir faire la chasse au superflu. Arrêter d’acheter des choses dont on ne se servira que pour un temps limité. C’est une tâche difficile, au vu du nombre de tentations dans le monde consumériste dans lequel nous baignons. Mais c’est possible!

Pour les plus motivés, il est possible de limiter le nombre d’objets dont on dispose. C’est même pour certains l’occasion de retrouver un certain équilibre; de retourner à des choses vraies, en retrouvant le plaisir de la simplicité. On appelle ces précurseurs personnes les minimalistes.

On s’y met ?

Voici quelques pistes pour commencer votre formation en écologie appliquée à la vie quotidienne. Si vous avez des suggestions pour compléter cet article, n’hésitez pas à en faire part dans les commentaires.

Bien-sûr, il est très difficile d’être cohérent lorsqu’on veut adopter une démarche écologique. Tout n’est pas tout noir ou tout blanc. Mais vous avez désormais quelques clés pour limiter votre impact sur notre environnement.

Pour poursuivre, vous pouvez:

  • mesurer votre empreinte écologique pour cibler vos points faibles (et les corriger)
  • commenter pour donner vos tuyaux pour être écolo
  • partager ce billet pour diffuser l’information !

21 commentaires sur “Devenir écolo : des petits gestes, de grandes joies”

  1. Votre test est loin d’être suffisant. Il pêche par des réponses imposées bcp trop fortes.
    Je n’utilise qu’un sac d’ordures par semaine
    je récupère l’eau de la douche pour les toilettes
    je désherbe avec l’eau bouillante utilisée pour les repas
    tout ce qui est à moins de 2 km est fait à pied…
    etc.
    D’autre part, j’ai cru comprendre, avec des jardiniers professionnels, qu’il suffisait de moins de 200 m2 pour nourrir en fruits et légumes une famille de 4 personnes pour un an en France, en recyclant ses pelures et déchets végétaux… on est loin des 17 360 m2 que m’attribue le test. D’où vient la différence ? Ce n’est pas le pain qui va l’expliquer.

  2. Bonjour et merci pour votre commentaire.

    En effet, le test n’est pas « suffisant », dans la mesure où il s’agit de prendre quelques minutes pour le faire… Un test exhaustif prendrai quelques heures aux bas mots, avec un nombre de réponses beaucoup plus grand à chaque question…
    D’autres sites proposent des tests de ce type (agir21, le WWF,…). Mais nous sommes d’accord qu’il s’agit d’un aperçu, et pas d’un test rigoureusement scientifique (à noter que votre bilan carbone peut être fait par une société d’audit, mais cela est surtout employé par les entreprises…)

    D’autre part, j’ai cru comprendre, avec des jardiniers professionnels, qu’il suffisait de moins de 200 m2 pour nourrir en fruits et légumes une famille de 4 personnes pour un an en France, en recyclant ses pelures et déchets végétaux… on est loin des 17 360 m2 que m’attribue le test. D’où vient la différence ? Ce n’est pas le pain qui va l’expliquer.

    En fait, il n’y a pas que l’alimentation : les vêtements que vous portez, s’ils sont en coton, ont nécessité des ressources pour la culture de la plante. De même pour vos chaussures, si elles sont en cuir, ont nécessité des ressources en cuir; il a donc fallu des ressources pour faire grandir un animal.
    Vous vous chauffez en hiver : il vous faut des ressources pour assurer ces émissions caloriques…
    L’ordinateur avec lequel vous avez écrit votre commentaire, à supposer qu’il vous appartienne, a nécessité des ressources lui aussi pour sa production. Et en nécessite tout au long de son cycle de vie.
    D’autre part, nous consommons mais nous rejetons aussi, et parfois de la façon la plus « élémentaire » : sans rentrer dans les détails, la planète doit pouvoir absorber tout cela pour le recycler.

    Bref, on arrive rapidement, malgré nous , à plusieurs milliers de de m², à travers chacun des produits que nous possédons. Chacun à son coût ; le coût en eau, certes, comme évoqué dans le tableau figurant plus haut dans l’article, mais aussi un coût sous de multiples formes.

  3. « D’autre part, j’ai cru comprendre, avec des jardiniers professionnels, qu’il suffisait de moins de 200 m2 pour nourrir en fruits et légumes une famille de 4 personnes pour un an en France »

    A cause du régime carne… une famille de vgtaliens (j’en suis), a besoin de beaucoup plus en potager, mais c’est alors suffisant… contrairement aux omnivores et aux vgtariens, dont l’espace consommmé pour l’alimentation est beaucoup plus important. personnellement, si je devais jardiner ma consommation , c’est un métier à plein temps 🙂

    Les réponses ne sont en rien imposées, chacun sa route…

  4. Le calcul de l’empreinte écologique est une approche, il sert à faire prendre conscience des thématiques les plus importantes, à montrer que partager réellement les ressources ça n’est pas simple.

    Quand on a pris conscience de cela, il faut évidemment allez plus loin.

    Et à partir de là, on n’est pas tous prêt à faire les même efforts… Même si il faudra y venir.

    Personnellement, et pour d’autre raisons encore, aussi étrange que cela peut paraître à certains, le végétalisme est pour moi le plus simple moyen pour réduire drastiquement mon impact sur l’environnement.

    Bientot, peut etre changerais je d’activité pour me rapprocher de mon logement ou l’inverse, peut etre aurais les moyens d’optimiser mon mode de chauffage…
    Chacun sa route.

  5. Bonjour Kerloen et merci pour ces commentaires.

    L’approche que tu prônes semble un peu « radicale » (végétalisme), du moins pour le lecteur qui consommerait quotidiennement de la viande.
    Montrer l’impact de chacun de nos gestes, toujours sans condamner, prôner la réduction me semble être un premier pas.
    Rome ne s’est pas faite en un jour ! Et les français consomment de moins en moins de viande (même si c’est loin d’être le cas sur l’ensemble de la planète) !

  6. Je pense que le problème ne viens pas du consommateur mais du producteur. Si l’élevage industriel était règlementé (50 milliard d’animaux d’élevages sacrifie par an), si la pêche industrielle était règlementé (99% pêché par 1%), si la culture industrielle était règlementée, si l’industrie était règlementée, il y aurait du travail pour tous le monde. Tout le monde mangerai a sa faim, le paradis serait retrouvé… Mais a croire que personne n’a compris que si on remplace par des machines les travaux pénibles ou peu attrayant par des robots ecolo, ils ne mange pas consomment très peu par rapport au 10 ou 10 ou 1000 10 000 1 million d’employés qu’il remplace ! dans un pays ou on légifère sur tout, on n’a pas pense a légiférer sur les robots ni sur les ordinateurs qui devraient nourrir plutôt que d’enlever le pain industriel de la bouche de nos futur chômeurs, piloté par le grand ordinateur qui est l’inverse de Dieu celui la

  7. Bonjour,
    Je pense qu’il est bon, même si ce ne sont que des chiffres donnés de manière brute, d’indiquer aux gens les consommations en eau et autres « gaspillages » dont notre société de consommation est devenue la reine en tout genre. Beaucoup d’excés sont entrés dans nos modes de vie, sans pour autant que nous les validions. C’est seulement à un moment donné que l’on se rend compte de la réalite de la situation. Un énorme gaspillage nous entoure, une surconsommation, une surproduction de produits futiles.. Des emballages qui nous ‘ »enquiquinent » plutôt qu’autre chose. Le législateur a failli, la société civile, les cies privées… Il faut que nous changions.
    Augmenter le cycle de vie des produits. Trier les déchets ménagers. Limiter l’utilisation des énergies fossiles. Produire avec d’autres moyens énergétiques naturels…. Respecter la nature.
    Cordialement

  8. J’ai quelques interrogations au sujet de l’empreinte eau. Quand l’empreinte des cultures est donnée, s’il ne s’agit pas de cultures irriguées, l’eau consommée correspond à l’eau « verte » évapotranspirée. Dès lors cela me pose problème car s’il n’y avait pas cette culture, il y aurait peut-être un espace qui évapotranspirerait aussi (sauf surface artificialisée, imperméabilisée) . Un espace naturel est siège d’évapotranspiration. Donc la consommation d’eau évapotranspirée est intéressante mais elle n’est pas imputable spécifiquement à la culture considérée, il faudrait en déduire l’évapotranspiration de la surface correspondante en espace naturel ou en forêt ou une moyenne, non ????

    ou alors, il faudrait systématiquement fournir à titre de comparaison l’empreinte eau d’une surface donnée de prairie ou de forêt…. ou d’une tonne d’herbe, d’une tonne de bois en forêt…

  9. Bonjour,

    En effet, selon le site que je cite en source , le point n’est également pas très clair et sujet à discussions.

    http://www.waterfootprint.org/?page=files/FAQ_Technical_questions

    The methods for water footprint accounting have been published in peer-reviewed scientific journals. In addition, there are also practical examples available of how one can apply the methods to calculate the water footprint of a specific product, an individual consumer, a community or a business or organisation. In generic sense there is agreement about the definition and calculation of a water footprint. However, every time one applies the concept in a situation not done before new practical questions arise. These are practical questions like: what should be included and what can be excluded, how to deal with situations where the supply chain cannot be properly traced, what water quality standards to use when calculating the grey water footprint, etc. Discussion therefore focuses on how to handle those practical issues. There is also still discussion about the precise method of how to estimate the local impacts of a water footprint.

    Bref, les données se baseraient sur des publications scientifiques, dont il est difficile d’avoir le détail. L’idée de mon article est plus de faire prendre conscience de l’irrigation nécessaire pour faire pousser les cultures. A l’état « sauvage » (forêt par exemple), la rétention d’eau est bien supérieure, et il n’est nul besoin de prélever de l’eau dans des nappes phréatiques afin d’arroser la flore pour la maintenir en vie.

  10. oui, bien sûr, je comprends, mais en climat tempéré, en France, par exemple, la majorité des productions agricoles ne sont pas irriguées, pas plus que les prairies ou les forêts et donc je pense que la référence à l’évapotranspiration des milieux naturels est une nécessité sinon on frappe les esprits, certes, mais avec des arguments qui n’en sont pas réellement par omission, tout simplement. Je tâche de creuser la question.

  11. Merci pour ces interrogations.

    En effet. Il s’agit de 6% de la superficie agricole utile qui est aujourd’hui irriguée en France selon le site du ministère de l’Agriculuture.

    De plus, vous avez raison en ce qui concerne l’évapotranspiration ; les données telles que je les ai reproduites parlent d’eau verte; j’aurai dû en effet préciser la méthode de calcul. Mais là aussi vous avez raison (encore !) : la volonté de fapper les esprits l’a sans doute emportée sur le souhait d’être rigoureux dans la démarche. J’ai donc ajouté une astérisque avant le tableau et une référence en bas de l’article.

    Methodologie waterfootprint
    http://www.waterfootprint.org/Reports/Report-48-WaterFootprint-AnimalProducts-Vol1.pdf
    We follow the water footprint definitions and methodology as set out in Hoekstra et al. (2009). The blue water
    footprint refers to consumption of blue water resources (surface and groundwater) along the supply chain of a
    product. ‘Consumption’ refers to loss of water from the available ground-surface water body in a catchment area.
    Losses occur when water evaporates, returns to another catchment area or the sea or is incorporated into a
    product. The green water footprint refers to consumption of green water resources (rainwater in so far as it does
    not become run-off). The grey water footprint refers to pollution and is defined as the volume of freshwater that
    is required to assimilate the load of pollutants given natural background concentrations and existing ambient
    water quality standards.

  12. Je rajoute une question à mon commentaire précédent : quelle hiérarchie faire entre toutes ces recommandations ? N’y a-t-il pas un 80/20 dans les solutions présentées ?

    J’ai vaguement en tête (peut-être naïvement) que l’immense majorité de notre empreinte carbone est liée à notre consommation d’énergie (logement et transports principalement) et à la consommation de viande.
    Si c’est le cas, ne suffit-il pas d’avoir un fournisseur d’énergie comme Enercoop (ou EDF Énergies Nouvelles ?) pour la maison, de prendre le vélo ou les transports en commun (je suis parisien) et de ne plus manger de viande pour avoir une empreinte très limitée ? (Bien sûr sans faire d’excès par ailleurs)

    Autrement dit, n’y a-t-il pas 2 ou 3 actions clés pour réduire son emprunte ? Le reste étant utile mais beaucoup plus marginal ?

  13. Merci pour votre commentaire très pertinent, en ces temps d’actualité forte sur le climat. En effet, il y a clairement une hiérarchie à faire sur le plan des recommandations sur l’empreinte carbone. Mais le réchauffement climatique n’est malheureusement pas le seul enjeu écologique ; l’extraction massive de ressources, la consommation gigantesque d’énergie et la génération de déchets par millions de tonnes exigés par l’hyperconsommation -qui génère également énormément de CO2-, les pollutions des ressources hydriques, la disparition des pollinisateurs générés par l’agriculture intensive, la raréfaction de l’eau potable et la réduction de la biodiversité… Il existe de nombreux problèmes, souvent interdépendants. C’est donc une approche globale et non limitative que je propose, qui si elle est loin d’être complète, s’efforce de lister les domaines du quotidien dans lesquels un effort peut être fait, pour le climat ou pour les autres enjeux auxquels nous devons faire face.

  14. Moi je rajouterai l impact des tampons dans la nature que l on mets dans les toilettes et on pourrait penser un peu aux filles en parlant de la coupe menstruelle

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