Confessions d’un (apprenti) écolo

de | 14 janvier 2011

Il en fallait bien un. Ça y est, je suis étiqueté « l’écolo de service » dans la famille et au boulot. Celui, un peu sympa, mais quand même un peu insistant, qui prêche comme il peut pour le respect de l’environnement.
Mais je suis surtout celui qui nous les brise quand même un peu avec ses histoires de pollution, de cycle de vie de produit, de plastique dans les océans. Il nous emmerde avec ses principes et leçons de morale.

Non pas que dans mon quotidien, j’aborde l’écologie à tout bout de champ, ou souhaite donner des leçons au gens… Je fume 10 clopes par jour (voir plus), je mange de la viande plusieurs fois par semaine, j’habite un appartement qui est une véritable passoire énergétique, le tout dans une mégalopole. Et j’en oublie un bon paquet.

Mais j’y pense. J’en ai conscience. De ces petits gestes, qui impacteront, à leur échelle, un peu les ressources de notre planète.

L’impact de ma clope sur la déforestation ou le CO2, sur les milliers de kilomètres que le tabac a parcouru avant d’arriver dans mon bec.
Celui de mon café pour à peu près les mêmes raisons.
Celui du sac plastique de mes courses (quand je n’ai pas de sac réutilisabe), qui sans doute, finira sa vie bien après la mienne.
Les déchets d’uranium que je vais léguer à des milliers de générations futures en allumant mon lave linge.

Les dégâts environnementaux que génère ma consommation de viande….

La mauvaise conscience est mon quotidien. Mais c’est ma manière de me donner bonne conscience.

Alors je tente de faire des petits gestes.

Je trie mes déchets, j’ ai apporté un mug en remplacement du gobelet de la machine à café au boulot. Je réduis la viande comme je peux. Je réduis mes trajets, ou tente de prendre les moyens les moins polluants. J’évite l’achat de gadgets inutiles.

Mais cela est peu, et je le sais. Le combat est dur. Avoir le courage de mes convictions impliquerait à la fois une privation de ce dans quoi j’ai toujours baigné (un certain niveau de confort), et, surtout, une forme d’exclusion sociale, un défaut de normalité. Les gens vous voient différemment dès lors que vous ne vous conformez pas à la règle.

– Vous ne prenez pas de viande ?
– Non.
– Vous êtes végétarien ?
– Non plus.
-Ah?
-…

Je me sens presque idiot d’expliquer que c’est par conscience environnementale. Cela a déjà fait ses preuves en matière de septicisme.

J’essaie donc de me mettre dans la peau de mon interlocuteur. Aujourd’hui, on nous parle d’écologie, mais dans notre quotidien, cela n’a pas vraiment de sens, dans la mesure où l’on ne s’aperçoit pas ce qui est en train de se passer.

Mon quotidien ne change pas, le ciel est toujours bleu (ou gris) ; je ne vois en quoi il y a un péril imminent.

C’est contre cela qu’il est difficile de convaincre. Contre le quotidien qui engendre le scepticisme. Tant que la quotidien n’est pas affecté, alors, il n’y a pas de problème.
Mais le problème est bel et bien là. 6ème grande extinction des espèces à vitesse jamais connue, saturation de déchets, polluants dans la plupart des nappes phréatiques, fonte des pôles… Mais tant que le quotidien n’est pas affecté…

L’esprit écologiste devra aussi lutter contre la pensée selon laquelle, à son échelle, chacun ne peut faire pas grand chose. Chacun peut faire quand même un peu. « La seule révolution possiblec’est d’essayer de s’améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. Le monde ira mieux alors. » (Brassens).

Enfin, cette petite flamme de conscience, de respect de cette planète et de ses habitants sous toutes leurs formes, ne doit pas s’éteindre sous la pression d’une société surconsumériste, déshumanisée. C’est sans doute cela le plus difficile.

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8 réflexions au sujet de « Confessions d’un (apprenti) écolo »

  1. kerloen

    J’ai le même problème, comme si, pour avoir le droit d’en parler, il fallait être exemplaire…

    Au boulot, je suis censé promouvoir l’aménagement durable. Oui mais voilà, actuellement c’est quoi. Quand tout est à inventé, va donc être exemplaire…
    Je suis aussi censé promouvoir le vélo, mais je viens en bagnole, ben oui, mauvais « choix », j’habite à 20 bornes…
    Attends, j’ai encore une carte à jouer, et ho, je suis végétalien, là, pouvez pas me dire que je ne suis pas exemplaire… Haaaaa!!! mais t’es malade, dangereux extrémiste 🙁

    On est tous différents, profitons en, que chacun face ce qui pour lui est le plus simple. Le bricoleur isole, le sportif pédale, l’architecte et l’ingénieur innovent, le fainéant devient végétalien :))

  2. Renanito Auteur de l’article

    Il est là le problème : lorsque les gens ont l’impression que l’on applique le « faîtes ce que je dis,pas ce que je fait ».
    Sans compter qu’on n’en reste pas moins humain, avec tous les paradoxes que cela comporte…

  3. lydsistrata

    très intéressant, je suis un peu dans le même cas mais me modère car pour jouer la moraliste , il faut commencer par être soi-même irréprochable, faire mieux et plus. Je crois que, par l’exemple, les autres peuvent suivre plutôt que jouer la culpabilisation, c’est un peu le problème du discours écolo, c’est que bien souvent ce ne sont que de beaux discours qui n’engendrent pas suffisament d’actes concrets. Je crois qu’être « dans la lutte » fini par dégouter les gens, meiux vaut être dans la pédagogie positive et expliquer tout le bien être qu’apporte un peu de conscience écolo.

    je me permets de mettre en lien mon site de mode éthique

  4. J-C

    [i] »Il nous emmerde avec ses principes et leçons de morale. »[/i]
    [i] »une forme d’exclusion sociale, un défaut de normalité. Les gens vous voient différemment dès lors que vous ne vous conformez pas à la règle.[/i]

    Tout le problème est là.

    La prise de conscience, la base d’un comportement responsable, semble une utopie.
    Comment se rendre compte que l’on vit dans l’illusion, la futilité, le superflu, quand ces trois « mots » (maux) sont la norme?

    Allez faire comprendre à une personne que consommer n’est pas la norme. A quoi on vous rétorquera que « ne pas consommer, c’est se priver du confort »…

    Changer de téléphone portable tous les 3 mois, c’est du confort?
    Si je ne mange pas de McDo, ma vie sera moins confortable?
    Si je ne possède pas le dernier jean à la mode, mon jean actuel deviendra inconfortable?

    Lorsque vous essayez ne serait-ce que d’instiller un semblant de début de réflexion chez une personne, la majeure partie du temps, on vous fait passer pour un donneur de leçons… ou bien « Oui, mais ça ne changera rien… alors que je le fasse ou pas… ».

    A cela s’ajoute une forme d’exclusion, surtout si personnellement, on a adopté un comportement « décroissant » qui vous fait passer pour une personne « bizarre »… (équipement technologique obsolète de 10 ans d’âge mais qui fonctionne encore parfaitement, garde-robe vieillissante mais ce ne sont que des vêtements après tout, habitude culinaire éco-responsable comparé à de l’extrémisme diététique, etc.)

    Comme le disait si bien M.Hulot dans « Le syndrôme du Titanic »: « Il y a comme un malentendu ».

    Sans transition, bravo pour votre blog que je viens tout juste de découvrir. Des analyses justes et sensées, qui évitent la caricature.

    Au plaisir de vous lire.

  5. Renanito Auteur de l’article

    La pensée de ce blog est parfaitement résumée dans vos lignes. Et je suis ravi de voir que nous sommes chaque jour plus nombreux à partager ces opinions…
    Merci pour ce commentaire encourageant ; il fait chaud au coeur.

  6. Nestoufy

    Bonjour,

    Votre site est vraiment très bien fait, très agréable à lire, de belles images… Et surtout très intéressant. Moi-même j’ai un site  » vert  » ( http://nestoufy06.unblog.fr/) et j’essaie tant bien que mal de sensibiliser les gens aux pratiques écolos. Je fais des efforts au quotidien pour protéger la planète et être en bonne santé (manger bio, local, pas de gadgets inutiles, je fais attention à l’électricité, l’eau, etc, etc), et ces efforts sont devenus à la longue une habitude, voire même un plaisir, et pas du tout une contrainte. J’essaie d’en faire prendre conscience à mon entourage mais, comme l’a souligné J-C, les gens te répondent toujours que ça ne sert à rien, que ce n’est pas à leur petit niveau individuel que ça va changer le monde… Mais je ne perds pas espoir !

  7. craffe

    tres beau site tres bien la prise de conscience es deja t importante mais l acte encore plus vous avez l air d etre fortement ecolo ca m etonne que vous dites qu au quotidien vous ne changez pas, attention a ne pas faire celui qui dit ce qu il faut faire mais que lui ne fasse rien le plus important c est les actes et non les paroles en tout cas ravo pour le site

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